J’ai écrit Red May Theses pour résumer succinctement les principales conclusions de mon livre L’Avenir de la révolution1Verso, 2025 ; La Tempête, 2026 pour la traduction française à l’intention de ceux et celles qui ne le possèdent pas ou ne le liront peut-être pas. Pour le dire brièvement : je défends l’idée que la révolution sociale peut, tout comme le capitalisme, être définie axiomatiquement par une série de fonctions que celle-ci doit satisfaire. Ces axiomes révolutionnaires peuvent être dérivés des structures axiomatiques du capitalisme. Les prérequis de la révolution sociale, ses conditions nécessaires et suffisantes, se déploient, en un certain sens, depuis les conditions suffisantes et nécessaires à l’existence de la société de classes capitaliste : depuis la propriété et la valeur, le prix et le profit. S’il est certain qu’il y a de nombreux, très nombreux, aspects de la révolution épistémiquement inaccessibles, nous pouvons tout de même apprendre par l’analyse de l’histoire ce qui doit arriver, les fonctions qui doivent être satisfaites, pour qu’une révolution communiste aboutissant à l’abolition de la société de classes se produise effectivement.
Présenter ainsi mes conclusions donne à ce texte un ton didactique et programmatique. Mais ce n’est ni une feuille de route, ni un plan, ni un programme. Quand je dis que ces choses doivent avoir lieu, je situe la nécessité au niveau de la structure. Je ne dis pas aux gens ce qu’ils devraient faire, seulement ce qui doit être fait s’ils veulent atteindre leur beut, de la même manière qu’une équipe de football doit mettre la balle au fond des filets si elle veut gagner le match. Le ton des Red May Theses est prescriptif, parce que la révolution est une affaire urgente, une affaire de vie ou de mort. Je ne crois pas que mon livre, plus qu’un autre livre, dirigera les actions de révolutionnaires. Et dans tous les cas, je pense que ces conclusions ne sont pas, pour la plupart, des découvertes originales : il s’agit plutôt d’une présentation de ce que les révolutionnaires ont déjà appris et apprendront encore si nous sommes assez chanceux.
Le processus de conception et d’écriture de L’avenir de la révolution s’est déroulé dans le cadre d’un travail d’étude individuel et collectif. C’était une tentative de dire ce que je sais, mais tout ce que je sais, je le sais avec mes camarades de pensée. Seul, je suis relativement démuni, au moins en ce qui concerne les questions relatives à la lutte des classes et à la révolution. J’ai animé des groupes de lectures, en personne mais aussi en ligne, portant sur les sources du livre, et ai soumis mes brouillons au jugement de mes lecteurs les plus importants, qui ont grandement amélioré le livre. Il est même difficile d’imaginer écrire ce livre sans un tel processus collectif. Paul Mattick, en particulier, a été d’une grande aide pour développer les matériaux portant sur le mouvement conseilliste et le communisme de conseil : je pense parfois que ce travail n’aurait jamais pu voir le jour sans cette amitié. Je n’aurais pas non plus commencé ce travail, ni aucun de ceux qui le précédent, sans mon amitié avec Joshua Clover. De fait, ce livre devrait être pensé comme une réponse à L’Émeute prime de Joshua Clover. Il commence là où le sien s’achève, la Commune de Paris, et s’achève là où le sien commence, avec les émeutes de notre temps. Joshua est mort avant que le livre sorte, mais il était toujours à mes côtés quand j’ai écrit ces Red May Theses, et la clarté de ce texte, sa structure géométrique, est en un certain sens un écho de la sienne.
Red May Theses a été écrit comme une intervention orale pour une présentation du livre dans le cadre de Red May en mai 2025. Joshua devait y participer, le panel était composé d’amis communs : Idris Robinson, Colleen Lye et Nikhil Pal Singh. Red May, qui était à l’origine une série d’évènements se déroulant tout au long du mois de mai à Seattle mais qui est partiellement en ligne depuis la pandémie, a beaucoup soutenu mon travail depuis sa conception en 2015. J’ai animé en 2022 un groupe de lecture en ligne dans le cadre de Red May au cours duquel j’ai développé les matériaux de mon premier chapitre. L’événement était donc la clôture d’un cercle, la célébration du travail de mes collaborateurs, et l’occasion de retrouver des camarades du Nord-Ouest que je n’avais pas revus depuis la pandémie.
C’est une chose étrange que d’écrire un livre sur la révolution. C’est plus étrange encore de se tenir devant une foule et de parler d’un tel livre. Je ne suis pas sûr que ça me plaise. En revanche ce qui me plaît dans ce genre de moment, c’est le plaisir simple d’être ensemble, et plus encore le moment où ma présentation est terminée et que tout le monde commence à discuter. S’il y a quelque succès dans ce genre de moment, c’est celui de rester ensemble et de continuer à parler en développant notre compréhension commune.
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1. La première condition de la révolution est la destruction de l’État répressif – armée et police, justice et prison. Toutes les autres conditions dépendent de la première : la socialisation de la richesse par la révolution ne peut se produire que si l’appareil répressif a été suspendu. Des pilleurs dans une émeute à la production commune pour l’usage commun, le communisme avance au rythme où la propriété et son droit, violemment imposés, reculent.
1.1 L’insurrection et l’État sont asymétriques. La révolution s’arme au rythme où l’État est désarmé. Mais quelques puissants ne sont pas comparables à des faibles en nombres. La révolution réussit en dispersant plutôt qu’en concentrant la violence d’État. La confrontation frontale entre le parti du chaos et le parti de l’ordre mène toujours à la réimposition de l’ordre. L’éclipse de l’État advient par la désertion, la mutinerie et la fraternisation entre les forces de l’ordre et du chaos. Combattez le tracé des lignes, dit-on, en combattant derrière les lignes.
2. La décomposition de l’État est la seule voie vers la révolution. Les révolutions ne sont pas seulement politiques mais bien sociales, dans la mesure où elles sont des révolutions pour la grande majorité de l’humanité – le prolétariat. Cette vaste majorité ne peut pas devenir un nouveau pouvoir sur la société, puisque cela signifierait qu’elle s’exploite et se domine elle-même : une contradiction dans les termes. Elle doit abolir l’exploitation, la domination, et toutes les classes. C’est là la deuxième condition : la révolution doit être massive, ses organisations être les organisations de la vaste majorité – le prolétariat. Elles doivent être universelles, dans la mesure où elles respectent cette deuxième condition. Elles rejettent les élites et leurs exécutants mais acceptent sans restriction aucune toute autre catégorie sociale ou identité.
2.1. Les structures de la révolution doivent donc englober, à peu d’exceptions près, tout le monde. Elles doivent être intensives, c’est-à-dire ancrées dans les structures fondamentales de la vie quotidienne de gens ordinaires, et extensives, puisqu’elles lient tout le monde à distance. L’espèce humaine ne pouvant être concentrée dans un seul endroit, elles doivent aussi coordonner des actions communes à distance. Elles doivent déléguer. Cependant, puisque l’inclusivité est une condition première, ces délégués doivent recevoir des mandats explicites et leurs décisions être révocables à volonté. L’autorité est tout à la fois donnée et contenue, c’est-à-dire suspendue. C’est là la troisième condition.
2.2. Il doit n’y avoir aucune différence entre les délégués et ceux qui les désignent, ce qui implique que les délégués ne puissent garder leur statut que pour une période de temps limitée et que leur travail est simplifié et rendu transparent à tous. Quand l’expertise est requise, elle relève du conseil. Il doit y avoir là des corps de travail, non de gouvernement, tout à la fois économiques et politiques et pourtant ni l’un ni l’autre, abolissant la division du travail qui structure le capitalisme : division entre exécution et conception, travail manuel et travail intellectuel.
3. Nous pouvons appeler commune ce qui résulte de la somme de ces trois conditions, dans la mesure où les postulats esquissés ci-dessus correspondent à ce que Marx, écrivant sur la Commune de Paris en 1871, appelait « la forme-commune ». Il s’agit d’une forme souple et évolutive, « toute entière susceptible d’expansion », comme l’écrit Marx. La commune est fractale et réflexive : elle s’étend de manière exponentielle, indépendamment de la distance sociale, en dotant les délégués d’autant de délégués que nécessaire. Cette expansivité signifie qu’elle projette un futur : c’est tout à la fois une idée et une actualité, l’actualité appelant par le biais de l’idée une plus grande d’actualité. Ainsi, la commune n’est pas restreinte à un espace-temps donné mais est universelle. Comme fragment d’un communisme futur, elle rallie les communistes du monde entier à ses côtés. Ses frontières ne correspondent à celles d’aucune nation puisque son drapeau noir signifie la mort de l’État-nation.
3.1. La commune est, cependant, ambigüe, amphibie – en tant que forme expansive, son contenu reste non-spécifié. S’il s’agit seulement d’une structure de démocratie directe, elle peut facilement devenir un véhicule de la reproduction des relations sociales capitalistes. Qui compose la commune ? Qu’est-ce qu’elle fait ? Comment ? Et pourquoi ? Autant de questions auxquelles l’histoire a répondues avec les soviets et les conseils ouvriers qui apparurent d’abord en Russie, en 1905 puis en 1917, puis en Europe centrale, en 1918 et en 1919.
3.2. Les conseils ouvriers ont eu, dans l’histoire, des restrictions de contenu – des restrictions prolétariennes – parce qu’ils sont des produits transitionnels de la grève de masse, une action à l’échelle de l’ensemble de la classe qui excédait le contrôle des institutions du mouvement ouvrier (partis et syndicats) et nécessitait donc un instrument au-delà du parti. Pendant la Révolution allemande, il fallait parfois montrer un certificat d’emploi pour les rejoindre. Après que les conseils ont été défaits de l’intérieur par un vote d’auto-abolition, nombreux furent ceux et celles qui conclurent que c’était une conséquence du droit à participer et à devenir délégué accordé aux non-travailleurs, ramenant de nombreux conseils sous le contrôle des syndicats et des partis. Ils conclurent donc qu’il était nécessaire de garantir le caractère prolétarien des conseils.
3.3. Mais puisque la grève générale avance inexorablement vers l’insurrection, ces organisations chargées de la conduite de la grève mettent en place des plans visant à renverser la police, à occuper les bâtiments du gouvernement et les bureaux des groupes de presse. Aussitôt la machinerie du capital mise à l’arrêt, ils maintiennent aussi discrètement les services vitaux à la révolution et à la reproduction de la vaste majorité. À la restriction prolétarienne sur le contenu, il nous faut ajouter une restriction communiste. Les conseils doivent s’étendre pour inclure tout le monde et toute chose à un plan commun destiné à fournir les ressources d’un usage commun. Ils doivent abolir la production lucrative et avec elle la marchandise, l’argent et la loi de la valeur, par la production commune pour l’usage commun.
4. De là, le conseil ouvrier : l’unique invention réellement nouvelle du mouvement communiste au XXe siècle. Tout depuis peut être vu comme un raffinement de la forme-conseil qui dépasse et remplace la forme-commune. Mais là encore, nous devons faire une distinction entre le conseil comme actualité et le conseil comme idée. Dans leur actualité, les conseils n’étaient pas, comme je l’indiquais plus haut, entièrement prolétariens. De plus, et c’est là le plus important, il manquait aux conseils une restriction de contenu : au lieu de devenir des avatars pour l’extension de la révolution et la socialisation de la richesse, les délégués étaient réduits au rang d’électeurs d’une Assemblée nationale, reconstituant l’État allemand dans la démocratie parlementaire. Pour être révolutionnaires, les conseils devaient être prolétariens et communistes. Ils devaient être orientés vers la reproduction de la révolution et l’absorption de la vaste majorité, abolissant par là toutes les classes avec elles le prolétariat comme classe dominée. Cela ne peut arriver que dans la mesure où de telles organisations sont engagées dans la destruction de la production marchande généralisée et son remplacement par la production commune pour l’usage commun.
4.1. Avec ces restrictions, les conseils expriment clairement ce que signifie « dictature du prolétariat ». Certains sont exclus en vertu des premiers principes – à moins qu’ils renoncent aux pouvoirs que leur ont conféré le capital et l’État. Ce ne sont pas non plus des corps démocratiques ou constituants. Ils sont communistes par définition et présupposent une unanimité communiste.
5. De ce principe, il est possible de dériver une définition circonscrite du parti : non une organisation formelle per se mais plutôt un regroupement au sein des conseils auto-organisés qui est orienté vers l’insurrection et la production commune pour l’usage commun. Ce sont là des aspects qui ne peuvent être soumis au vote. Le parti est aussi, dans des moments insurrectionnels, une armée rouge, une armée dont l’unité est émergente plutôt qu’imposée. L’armée rouge s’auto-constitue sur la base de l’engagement volontaire. Ses officiers sont choisis, pas imposés, et n’ont aucun privilège particulier. Ses centres de décision centralisés durent le temps de la confrontation armée. Il s’agit de fait d’un modèle étendu d’organisation communiste basé sur les conseils : ce n’est pas un problème de désigner temporairement un décideur dans un processus particulier, ou d’établir des procédures automatiques pour certaines actions. Tout ne doit pas nécessairement être délibéré.
5.1. L’armée écrase et exproprie, abolissant les règles de la propriété et ses gardes armés. Elle abolit les classes mais ne peut pas s’abolir elle-même sans laisser la place à des producteurs associés liés les uns aux autres par des articulations transparentes et manipulables.
6. Les communistes de conseil imaginaient cette première étape comme entièrement déterminée par l’«imposition impitoyable de l’obligation de travailler », quelque chose ne pouvant être obtenu que par la reconstitution de l’État répressif. Là où le travail est tout à la fois un droit et une obligation, où les travailleurs ne peuvent que consentir à être envoyés ailleurs pour éviter mourir de faim, il est impossible que ces travailleurs puissent travailler avec concentration et attention. Ceux et celles qui ne veulent pas travailler efficacement ne peuvent travailler et toute activité se trouve mieux sans eux.
6.1. Mais les conseils pourraient socialiser plutôt qu’individualiser la nécessité. Certaines choses – qu’on pourrait appeler travail, labeur ou activité reproductive – doivent être faites pour que tout le monde puisse être nourri, logé et approvisionné. Mais nous n’avons pas à restreindre l’accès à la nourriture et au logement pour que ces choses se produisent. La part totale de la production effectivement réalisée qui est consacrée à la production des biens et services essentiels ne représente désormais qu’une petite partie de la production économique globale effectivement réalisée. Une plus grande quantité de ces biens et services peut être produite avec moins d’efforts que ce que le capitalisme mobilise présentement si l’activité improductive liée au mode de production capitaliste – policiers, industriels de la défense, banquiers, entrepreneurs, traders, publicitaires et assureurs – était éliminée, ainsi que la production de luxe destinée à la consommation des élites. Il n’y a alors plus besoin d’individualiser la nécessité. Elle peut à la place être immédiatement socialisée.
7. La socialisation immédiate de la nécessité et de la richesse sociales requiert des formes de responsabilité [accountability] transparentes et manipulables par tous. On se rend responsable les uns des autres en se rendant responsables des choses. La reproduction sociale se réalise pour partie par le biais de processus publiquement planifiés et mis en place avec transparence. Les données chiffrées numériques relatives à ces processus sont rendues visibles à tous et sont manipulables par le biais de processus de prise de décision ouverts et inclusifs ne demandant aucune connaissance technique spécifique.
7.1. Cela ne signifie cependant pas que tout peut ou doit être délibérément planifié. La planification implique aussi de laisser certaines choses non-planifiées ; toute planification est planification pour l’anarchie, l’imprévisible, l’improvisé, le spontané et ce qui est libre.
8. La maxime de la communauté humaine communiste est : libre développement individuel et collectif. Tout est permis à l’exception de ce qui fait obstacle au libre développement. Il s’agit d’un puzzle pouvant être résolu de mille manières différentes par la construction de subjectivités et formes de vie à peine concevables aujourd’hui.
9. La nécessité est socialisée et, par-là, rendue libre. L’humanité décide enfin librement comment organiser son rapport métabolique avec la nature – elle s’organise avec transparence vis-à-vis de la nécessité naturelle. Tandis que la nécessité est libérée, la liberté devient nécessaire. Nous ne devons pas parler du communisme comme incluant d’un côté le domaine de la nécessité et de l’autre le domaine de la liberté – le premier correspondant à l’obligation sociale, la contrainte et le prérequis, tandis que le second relève de l’absence de toute responsabilité. Il y a plutôt d’un côté le domaine de la planification, du délibéré et de la responsabilité collective, et de l’autre le domaine de l’activité anarchique, libre et improvisée. Toutes les activités sont organisées mais toutes ne sont pas organisées en avance (planifiées). Ces deux domaines peuvent impliquer liberté et nécessité à des degrés divers. Car certains ayant perfectionné des processus techniques impliquant un travail collectif et délibéré peuvent inclure ces pratiques dans la pure expression de leur liberté, dans une situation où le travail, collectivement choisi, est devenu le principal désir de la vie elle-même. Pour d’autres, c’est le raffinement du caractère éthique, spirituel et esthétique qui détermine leur raison d’être – mais cela aussi implique tendanciellement la discipline, la rigueur et l’obligation. Tandis que se dissout l’opposition entre l’individuel et le collectif, se dissout aussi l’opposition entre liberté et nécessité.
10. Le communisme n’est ainsi pas seulement la fin du capitalisme, mais aussi celle de la société en tant que telle, et avec elle la fin de la rupture métabolique entre l’humanité et la nature, la fin de la contre-révolution néolithique connue sous le nom de civilisation. Ce n’est pas un retour à l’équilibre dynamique entre l’humanité et la nature ayant existé pendant la préhistoire, mais l’établissement d’un nouvel équilibre dynamique, aussi libre qu’infini, qui doit affronter les réminiscences tenaces du capitalisme industriel. La maxime du libre développement s’étend au-delà de l’humanité à la totalité de la nature. Le communisme est un équilibre dynamique entre le libre développement de l’humanité et le libre développement de la nature. Nous pouvons ainsi faire une distinction entre la valeur d’une pelouse et celle d’une forêt primaire. Bien sûr, ce qui constitue le libre développement de la nature sera librement déterminé par l’humanité. Il n’y aucune perspective dans la nature en tant que nature qui puisse nous guider – les loups voudront toujours autre chose que les dauphins. Mais le communisme réenchantera le monde, traitant toute chose comme une personne potentielle, capable de développement. Nous reconnaîtrons enfin l’environnement construit comme une collaboration entre nos ancêtres et la nature avec notre libre développement comme objectif. Le travail mort fait capital ne nous dominera plus : le monde que nos prédécesseurs ont construit pour nous éclairera le chemin allant hors de la violence de la préhistoire vers la véritable histoire humaine – non plus histoire de la nécessité contre la liberté, mais celle de la liberté comme nécessité. Le communisme pourrait bien durer un million d’années.